Hôtel Guimard
122, rue Mozart et villa Fore - Pais 16e
Hector Guimard architecte
L'avenue Mozart est ouverte en 1867. Hector Guimard décide d'élever sa maison au n°122, il aménage là son logis et ses bureaux d'études.
Il s'agit là d'une des plus belles réalisations de l'architecte ramassée, légère en même temps que trapue, on a l'impression ici de se trouver devant l'élégant quartier général d'une armée victorieuse.
A première vue, le curieux est frappé par le soin qu'a eu le bâtisseur de répartir d'une manière inexplicable fenêtres et balcons; ils sont tous taillés différemment placés à des endroits où l'on ne les attend pas, telle la fenêtre du second étage dont le quart se situe dans l'angle du bâtiment et qui, hautaine, parait négliger la baie du dessous classiquement disposée.
Particulièrement remarquable est le balcon supérieur du troisième étage surmonté par deux lanternes que l'on retrouve souvent chez Guimard.
Le porche d'entrée est superbe; haut, spacieux, il a pu inspirer Lalique lorsqu'il a édifié l'immeuble du Cours la Reine.
L'architecte a apporté également tous ses soins à la façade donnant sur la villa Flore, ainsi a-t-il placé symétriquement la grande baie du dernier étage qui éclaire l'atelier du maître et celle du rez-de-chaussée qui, avec ses consoles de pierre au nombre de quatre, semble soutenir le reste du bâtiment.
La structure de l'immeuble est en pierre de taille, la brique, encore massivement employée, par ses couleurs discrètes se remarque moins.
Plus qu'ailleurs, on ne sait pas très bien faire ici la part entre le rationnel et l'irrationnel.
La demeure est emplie du souvenir de Guimard, il l'a élevée pour recevoir dignement Adèle Oppenheim, américaine, peintre de talent, avec laquelle il s'unira l'année de construction de cette villa.
Nous sommes en 1912, Guimard approche de la cinquantaine; s'efforçant toujours d'emporter des marchés, mais les gens de l'immobilier à la beauté préfèrent le rendement; nombre de plans resteront dans les cartons.
Guimard va s'essoufflant après les styles nouveaux, il les rattrapera, mais il ne les dépassera pas.
Source : Dossier sur Hector Guimard rédigé par des étudiants d'une Ecole supérieure d'architecture.